Repas wolof

Lundi 23 janvier 2017

Déclencher un repas linguistique, c’est toute une aventure…
Après échanges de mails, nous parvenons à nous mettre d’accord sur la date... et sur le plat à faire préparer aux wolofophones (wolophones ?) ; ce sera un thiep bou dienn… plat de poisson typiquement sénégalais, qui demande 4 à 5 heures de préparation… qui va prendre en main ce plat ? car la recette est complexe. Les ingrédients en sont exotiques… barracuda, mérou, yët (escargot de mer séché), guédié (poisson séché), gombos, manioc et puis des drôles d’aubergines vertes et amères.
Samedi, 16h : branle-bas de combat… elles sont deux cheffes en cuisine : Adama et Aminata, et on sent une petite tension, il ne s’agit pas de rater le plat, 15 personnes arrivent à 19 heures.
19h : le cours de wolof commence. La langue (comme la recette) me paraît complexe, mais je ne lâche pas l’affaire, il va falloir comprendre quelques éléments de structure de cette langue, quitte à fatiguer quelque peu ma copine référente wolof d’en face : « bon, Sylvie, en français aussi il y a différentes façons d’exprimer la négation, non ? » enfin, à mon grand bonheur, je parviens à faire une phrase : « je ne veux pas de vin », ce qui est totalement faux, je veux bien boire du vin.
20h30 : le plat arrive, une aventure visuelle et gustative : spectaculaire et excellent.
22h : un débat passionné et passionnant entre nos référentes sur la question du statut des femmes et de la polygamie au Sénégal échauffe les esprits. Puis les musiciens wolofs que nous écoutons apaisent l’atmosphère, enfin Aminata nous apprend une berceuse en wolof, que nous trouvons charmante, jusqu’à ce qu’elle nous en donne la traduction qui est triste à pleurer… et poignante ! Une mère berce son fils, un petit bâtard que les autres humilient en l’appelant « chiffon ». Elle lui prédit qu’il réussira sa vie et que le « chiffon » pourra ainsi essuyer les larmes de sa mère.
Un grand Merci à tous pour cette soirée, un régal, un immense plaisir, parce que les référentes nous ont fait découvrir leur cuisine, leur langue, leur culture… dans une atmosphère de chaleur et d’amitié.
Sylvie

info portfolio

Répondre à cet article

1 Message

  • Repas wolof 24 janvier 15:43, par Monique

    Emportés par l’Afrique, on a oublié d’aborder le drame de la monogamie, et il y aurait tant à dire !!!

    Bravo à nos référentes !

    repondre message